Les Maladies du Cœur

Pour Othmane Iquioussen notre cœur peut être atteint de maladies, tout comme notre corps (soucis de santé , vaccination etc… ), et pourtant c’est la santé de notre cœur qui est plus important.

Il commence par l’amour de l’argent en citant un Hadith de notre Prophète SAWS  : Je ne crains pas pour vous la pauvreté mais je crains pour vous que vous aimiez l’amour de cette vie :Le matérialisme

Il cite la sourate « La famille d’Imran » en disant qu’Allah a mis dans notre cœur l’amour du sexe opposé, l’amour de l’enfant et l’amour de l’argent, cela dis il ne faut pas que cet amour prenne des dimensions démesuré. De plus même les prophètes ont demandé a Allah de les rendre riche. Le prophète Souleyman SAWS a demandé une grande richesse et Allah le lui a donné mais il ne faut pas que celle ci avant les rituels religieux  par exemple Omar Ibn Khattab qui était un riche commerçant tellement prit par le commerce il n’avait pas le temps d’assister aux assises du Prophète SAWS également Othmane ibn khafan etc .Le prophète Mohammed SAWS a invité les gens a aimer l’argent. Cet amour ne doit pas se terminer en « 7assad » car envier une personne a qui Allah a donné le Coran est possible, en revanche envier une personne a qui Allah a donner de l’argent c’est déconseillé  sauf si il en fait bon usages.

Allah peut punir une personne si la personne ne fait pas bonne usage de ce qui lui a été donné. Lorsque l’argent devient une fin est mauvais, a tel point que nous somme obnubilé par celle ci ,c’est pourquoi le don est fortement conseillé car il fortifie le « nafse » ainsi que les « hassanettes » , le Prophète SAWS a dit : Le commerçant honnête sera aux côtés des gens du Paradis. L’argent peut être bénéfique d’un point vue éthique ( dons…) mais également source de conflits notamment dans les familles et les amis )

Salama

 

« Leadership : s’inspirer du modèle prophétique » par Othmane Iquioussen & Moncef Zenati

Dieu dit à notre prophète Moïse : « Je t’ai modelé pour que tu serves Ma cause ».  C’est au travers de l’histoire de chacun des modèles prophétiques que Dieu nous a transmis la notion de ce que peut être le leadership.

Effectivement, le leadership n’est pas inné, il est le plus souvent le fruit d’un travail, le travail d’une existence. On observe que Dieu a éduqué nos prophètes dans un environnement propice aux épreuves et à l’apprentissage, à l’image de Moïse et de Muhammad qui ont grandis respectivement dans la cour de Pharaon pour l’un, et aux côtés de son oncle Abu Talib pour le second.

De 1987 aux années 2000, une étude sociologique, ayant sondée plus d’1,5 millions de personnes a soulevé la question suivante : Que cherchez-vous chez un leader ? Les sondés ont massivement répondu la crédibilité.

Quels doivent donc être les qualités principales inhérentes à un leader ?

La compétence : quand Joseph sortit de prison et eut comme ambition d’accéder au pouvoir ministériel, dans une société non musulmane, c’est grâce à sa compétence qu’il accéda à ce rang. Il démontra en effet qu’il était en capacité intellectuelle et psychologique d’assumer cette fonction et les responsabilités qui en découlent.

Le courage : un leader est par définition la personne qui montre la voie à suivre, à l’image de notre bien-aimé Muhammad qui sur le champ de bataille triompha par son courage en étant au front, sur les premières lignes pour stimuler les siens et les transcender.

La crédibilité : cette crédibilité se caractérise par l’honnêteté du leader et la confiance que son groupe a pour lui. Il n’est pas anodin que les deux surnoms les plus fréquents de Muhammad étaient as Sadiq (le véridique) et al Amin (le digne de confiance).

Une fois que le leader développe toutes ces qualités, sa capacité à transmettre et à éduquer son groupe devient primordiale. En effet, combien de grands hommes sont morts sans avoir légué leur héritage ou former un successeur. C’est ici que se trouve la particularité de notre prophète Muhammad : il fut certes un leader charismatique à tous les niveaux : social, politique, économique, militaire, religieux… Mais l’exception qui le caractérisa se trouve dans sa capacité à éduquer, et à déceler en chacun des compagnons sa qualité principale afin qu’ils deviennent des leaders dans leur domaine respectif.

Comme le dit l’imam Ahmed Ibn Hanbal : les 9/10e du bonheur se trouvent dans le fait de fermer les yeux sur les petits défauts.

En tant que parent, actuel ou futur, il sera de notre responsabilité de repérer chez chacun de nos enfants sa qualité principale, de le responsabiliser, de le récompenser et privilégier l’encouragement au reproche. C’est ce cadre pédagogique qu’utilisait notre prophète pour éduquer les grands hommes qui reprirent les rênes de leur communauté.

Enfin, l’erreur est de croire que le leadership ne s’apprend pas. Tout blocage ou complexe qui nous empêcherait d’être un leader et de prendre un rôle dans notre société est à surmonter, et c’est sur le chemin de la vie du prophète et de ses compagnons que l’apprentissage se fera.

 

Musulmans français, quel héritage ?

Participants: Mohamed RAMOUSI, Omero MARONGIU-PERRIA, Tareq OUBROU

L’héritage est une base civilisation inébranlable. Ibn Khaldoun – grand savant médiéval – disait : « Celui qui n’a pas de passé n’a pas de futur ». De nos jours, une partie des français de confession musulmane ne se sent pas suffisement française. L’islamophobie ambiante et une certaine méconnaissance de l’héritage islamique poussent certains au repli communautaire bien qu’ils soient des Français à part entière. Il y a, pour certains, une difficulté à se sentir français et musulman à la fois, pensant que ces dimensions de l’identitaire se contredisaient l’une l’autre. Les musulmans français, ou les Français de confession musulmane – en soit l’appellation exacte importe peu si le sens réel est compris par tous – ont une histoire très ancienne en Occident. Cette histoire est bel et bien un héritage et non un handicap.

Il a été demandé à Omero Marongiu-Perria si nous pouvions parler d’un héritage français musulman. Celui -ci répond par l’affirmative en rappelant l’histoire de la présence musulmane en Occident et plus particulièrement en France. Cette présence remonte au VIIIe siècle à l’époque de la conquête en Hispanie (Espagne actuelle) et en Septimanie (région du sud de la France actuelle). L’intervenant rappelle au passage l’excellent livre de Didier Ali Hamoneau, L’histoire méconnue de l’islam en Gaule, qui retrace justement l’historique de la présence musulmane en France et dont il conseille la lecture à la communauté musulmane.  Preuve en est donc que l’héritage de France doit pleinement être repris par les musulmans qui ont la pleine légitimité de le faire. Malheureusement, cet héritage n’est pas suffisamment mis en valeur. Il est primordial que les musulmans revivifient ce patrimoine trop peu connu. Une méconnaissance, produit – en partie – d’un apport islamique à la société française très sous-estimé par les musulmans eux-mêmes.

Un héritage français qui est compatible avec l’éthique islamique ? Bien entendu, répond Tareq Oubrou. Et même plus, il est nécessaire de se réapproprier cet héritage pour ne pas créer un islam « d’aujourd’hui », c’est-à-dire sans référentiel historique. La fabrique d’un islam nouveau qui se crée à partir de rien est une vision tenue par certains jeunes qui n’ont pas la culture de transmission qu’avaient leurs prédécesseurs. Les nouvelles générations, n’héritent pas suffisamment de l’héritage parental pourtant très riche. Un héritage éthique, théologique et philosophe qui manque cruellement aux jeunes générations. Comme nous le rappelle le professeur Oubrou, la religion se transmet également à travers la culture. Et c’est justement cette culture qui fait défaut aujourd’hui. L’enjeu serait donc de « réécrire l’histoire de France à la lumière de l’apport de la civilisation islamique ».

Pour Mohamed Ramousi, il a y a non-sens de vouloir opposer l’héritage à l’idée de réforme et de progrès car l’héritage n’est qu’une transmission de patrimoine tandis que l’idée de réforme est avant tout sociétale et politique. Il est nécessaire de rappeler – pour rester sur une compréhension authentique de l’islam – que « chaque texte a un contexte » nous dit le jeune théologien. On parlera ainsi, pour définir l’héritage, de tradition, c’est-à-dire d’une transmission de savoir tout en la comprenant dans son contexte temporel et spatial. Le Prophète (pbsl) nous dit que « Les savants sont les héritiers des prophètes ». A travers ce hadith, il nous est rappelé que la notion d’héritage est très ancienne dans la culture islamique. Les savants de la communauté sont donc les héritiers spirituels d’un message unique, celui de l’unicité divine. M. Ramousi invite ainsi les musulmans à s’imprégner de cet héritage si riche.

L’identité est un tout cohérant. La fameuse question « T’es d’où ? », en cherchant toujours à renvoyer les gens à leur héritage rappelle cette vision hexogène que peuvent avoir certains en cherchant avant tout à définir les autres par leurs origines au détriment de leur citoyenneté. Il faut ainsi savoir concilier deux appartenances – spirituelle et citoyenne – qui ne sont pas antinomiques. Les musulmans sont dans une communauté spirituelle mondiale, la Oumma, mais appartiennent dans le même temps à une citoyenneté nationale française. C’est la raison pour laquelle la dénomination « musulman français » n’est en rien contradictoire, bien au contraire. Aujourd’hui, les français de confession musulmane ne sont plus hexogène, ils s’affirment par leur identité en tant que français à part entière tout en revendiquant dans le même temps à héritage spirituel.

 

L’individualisme : fatalité ou défi ?

Au sortir de la table ronde en présence de Charles DI, Ghaleb BENCHEIKH et Tariq RAMANDAN, la question de l’individualisme a été traitée et en voici les principaux reflets.

L’individualisme est une conception philosophique, politique, sociale et morale qui tend à privilégier les droits, les intérêts et la valeur de l’individu par rapport à ceux du groupe.

Depuis longtemps, il existe un certain nombre de philosophes prônant un individualisme à bon escient (Aristote, Descartes, Kant, Marx …).

La vision de l’individualisme va changer selon notre conception de la société. Autrement dit, si l’homme utilise l’homme pour l’homme, alors l’individualisme sera positif. En revanche, si l’intérêt économique dirige la pensée des individus, alors l’homme sera utilisé de façon à maximiser le profit. Dans ce cas, l’individualisme devient excessif et néfaste.

Or, nous sommes aujourd’hui face à cette situation, dans un modèle de développement qui incite à cet individualisme aux tendances égoïstes. Pour contrer cela, il faut retrouver un sentiment d’appartenance à l’humanité à travers l’éducation, le dialogue, l’art ou encore l’amour. La responsabilisation de l’homme par rapport à l’homme est également primordiale. L’homme doit donc prendre en compte l’impact de ses actes sur autrui.

Par ailleurs, l’homme et sa société sont en mutation, il est donc nécessaire de se pencher sur un nouveau modèle sociétal afin de répondre aux nouveaux défis. Néanmoins, pour opérer une telle manœuvre il faut être capable de procéder à son autocritique. On ne change pas un groupe si l’on ne change pas soi-même. Il convient, en outre, de garder une forme d’individualisme (« ose penser par toi-même »), tout en conservant les valeurs collectives de solidarité, de fraternité et d’entraide. Il s’agit donc de partir d’une médiane entre l’excès du collectivisme et l’excès de l’individualisme.

Pour conclure, il est important de souligner que l’individualisme en lui-même n’est pas un fléau. Il le devient quand il prend une place trop excessive dans la société, il se rapproche de l’égoïsme et c’est alors qu’il devient néfaste à l’homme. On peut, par conséquent, considérer que le fonctionnement des sociétés actuelles fait de l’individualisme un fléau.

Driss

L’éducation sexuelle des enfants et pré-adolescents – Abdelkarim Elhajjioui

Spécialisé en thérapie émotionnelle cognitive et comportementale, le psychologue Abdelkarim Elhajjioui analyse l’existence de l’Espace Famille au sein de la RAMF comme le témoignage d’une préoccupation grandissante et incontournable des musulmans pour le bien–être de chacun des membres de la famille et, par extension, de la société. De fait, comment peut-on comprendre sa religion si on ne comprend pas l’être humain ? Et comment peut-on comprendre son enfant si l’on ne prend pas en considération son fonctionnement psychologique ?

Quand on évoque l’éducation sexuelle des enfants et préadolescents, on ne peut le faire que dans un cadre de compréhension plus général, celui de l’éducation de l’enfant. Bien qu’il se défende de fournir des modes d’emploi qui viendraient répondre aux angoisses parentales excessives quant au risque de mal faire sur le plan éducatif, Abdelkarim El Hajjaoui désigne la relation comme support au développement affectif de l’enfant et la qualité de la communication comme la clé d’une éducation réussie.

Il tente de dédramatiser la question de la responsabilité éducative des parents en précisant qu’une action ne peut être traumatique que si elle est répétée, intense et surtout exclusive dans le sens où elle ne laisse aucune place à une posture alternative. Par contre, il les sensibilise sur leurs représentations du cerveau de leur enfant et de son développement psychologique. Là où les parents conçoivent «  le cerveau d’un enfant comme un récipient hermétique qu’il faut protéger, par la censure, de toute contamination extérieure pour en garantir la pureté », il invite à la communication, à la discussion. Tout peut être parlé, même ce qui nous gêne. Mais comment porter une parole autour de sujets dits tabous tels que la sexualité pour lesquels le parent n’a lui-même reçu aucune éducation. Comment transmettre ce que l’on n’a pas reçu soi même.

La sexualité loin d’être un sujet dangereux pouvant mettre à mal la relation parent enfant peut être perçu comme une opportunité, l’occasion de tisser un lien particulier s’appuyant sur la confiance et la pudeur. Par la suite, c’est ce qui supportera l’élan de communication intrafamiliale de l’adolescent et la qualité de celle de l’adulte avec son environnement social par la suite.

La communication a besoin d’être instaurée très tôt chez l’enfant. Dés les premiers mois de la vie, elle est émotionnelle et corporelle et passe par les premiers soins de nourrissage et d’hygiène.  C’est justement sur cette dimension des soins « maternels », bien qu’ils puissent être prodigués par le père que bébé fait ses premières expériences affectives et sensorielles. Par la suite, le développement affectif pourra se déployer et trouver son équilibre au travers de moments privilégiés de partage, de calme, de créativité et d’échange. C’est par la mise en place précoce de tels espaces que les parents peuvent, au moment où leurs enfants traversent l’adolescence faire l’économie d’une posture d’hyper contrôle et apprécier la qualité relationnelle instaurée en amont  dans un climat de confiance mutuelle.

 

Zahour EL GALTA

L’amour de Dieu

Est-ce que j’aime Allah ? Comment j’aime Allah ? Comment dois-je aimer Allah ? C’est toutes ces questions qu’Abdel Waddoud GOURAUD a souhaité évoquer avec  son public lors de son séminaire spirituel. En effet, aimer Dieu est la finalité de tout musulman. Pour atteindre ce but ultime, chaque musulman doit constamment se demander est-ce qu’il aime Dieu son Créateur car, c’est à travers cet amour que le cœur de tout serviteur est illuminé par la foi. Mais comment atteindre cet amour ? Pour nous aider dans cette recherche, Abdel Waddoud GOURAUD nous a confié quelques-unes des pistes à suivre.

La piste première, qui est fondamentale mais souvent oubliée par beaucoup, est la connaissance de Dieu le Très-Haut. En effet, l’être humain n’est pas capable d’aimer quelqu’un qu’il ne connait pas. Ce raisonnement est valable pour Allah. Tout serviteur doit se demander « qui il est dans sa grandeur, dans sa perfection, dans ma création en tant qu’être, dans les bienfaits dont je jouis chaque jour ? », ainsi revenir aux  deux caractéristiques divines : sa complétude (les signes de sa perfection et de sa grandeur) et ses bienfaits envers ses serviteurs.

Dans un second temps, Abdel Waddoud a insisté sur l’importance de parler de Dieu, de l’évoquer, d’en faire son éloge et d’appeler à Lui. En effet, « aimer un être c’est parler de lui et vouloir que tout le monde l’aime ». A travers cette piste, il a également voulu souligner l’un des maux de notre communauté actuelle : le manque de temps pour Dieu dans notre course aux richesses. Ainsi, il nous recommande d’instaurer quotidiennement un temps pour évoquer et prier Dieu, nécessaire dans notre cheminement vers Lui.

Il est bien connu qu’être loin de celui qu’on aime crée un manque, un désir de retrouver rapidement cet être cher à notre cœur. Notre relation avec Dieu doit être aussi intense. Tout serviteur doit penser au moment où il retrouvera son créateur et le percevoir comme de magnifiques retrouvailles. Cette rencontre commence dès la mort, lorsque les anges viendront questionner notre cœur dans notre tombe. Ainsi nous devons préparer notre cœur.

Enfin, lorsque l’on aime quelqu’un, on fait attention à faire ce que cette personne aime. C’est avec ce principe, qu’Abdel Waddoud a souligné que tout serviteur, pour prouver son amour en Allah, devait dans un premier temps accomplir ses obligations de musulman, puis suivre ensuite les conseils du Créateur pour rechercher l’amour de Dieu. Car Allah aime qu’on cherche à se rapprocher de Lui.

Posons-nous la bonne question : notre amour pour le monde d’ici-bas est-il plus important pour nous que notre foi ?

Monia.

 

 

 

 

 

L’adaptation des musulmans à travers l’histoire

Mouslim Charafeddine

Depuis son origine, l’Islam s’est toujours inscrite en continuité avec les expressions religieuses du passé. C’est ainsi que Dieu dit à propos du Jeûne du Ramadan par exemple, qu’il « est prescrit comme il a été prescrit à ceux qui vous ont précédés » [Sourate 2, verset 183]. Le croyant est soumis à l’impératif de reconnaissance de la diversité. Celle-ci ne se conçoit pas comme un fardeau, contraignant le croyant à « tolérer » l’Autre, mais bien une volonté divine de nature enrichissante.

La civilisation musulmane s’est donc fondée sur cette diversité signe de richesse et de longévité. Chaque culture et civilisation, issue du dessein divin, représente une plus-value, facteur de développement culturel et social. L’adaptation des musulmans s’est par exemple illustrée par la création, sous le gouvernorat de Omar Ibn Al Khattab, d’une administration d’inspiration perse avec la fondation du Diwân (sorte de haute Préfecture).

C’est d’ailleurs dans cette dynamique que les musulmans ont confronté leurs idées à la philosophie grecque pourtant considérée par beaucoup comme païenne, pour développer leur propre philosophie (‘ilm al Kalam). Cette appropriation a même été de nature à enrichir la théologie musulmane. Ces exemples montrent en fin de compte, à quel point les musulmans ont fait preuve de flexibilité, à la fois dans leurs expressions linguistiques et organisationnelles. La croyante et le croyant aujourd’hui, se doivent de voir dans le vivre-ensemble, un moyen, non pas seulement d’atteindre Dieu, mais aussi de se sublimer sur Terre en tirant le meilleur de chaque culture.

Auteur : Chaouki

Interview

La Rencontre Annuelle des Musulmans de France réunit principalement des citoyens de confession musulmane. Si cette dimension est forte, il n’en est pas moins un rassemblement ouvert à tous les personnes soucieuses d’en connaître plus sur la deuxième religion de France.

Le Journal de la Rencontre a rencontré Kévin, jeune enseignant dans le secondaire. Invité par des amis, il participe pour la première fois à la RAMF.

JDR : Comment avez vous connu la Rencontre ?

Kévin : J’en ai entendu parler dans les médias, et honnêtement j’en avais une vision plutôt de l’ordre de la polémique.

JDR : Quelles sont vos premières impressions ?

Kévin : Au début, j’ai eu une vision un d’un rassemblement un peu communautariste, réservé exclusivement aux musulmans, étant donné que je ne suis pas de confession musulmane, je pensais ne pas avoir d’intérêt à y participe. Finalement, à travers les conférences, une toute autre image plus universelle s’est dégagée.

Qu’est ce qui vous amené à changer d’idée ?

Kévin : A travers les discours des conférences très intéressantes. J’ai apprécié le fait que les intervenants d’origine diverses, n’étaient pas focalisés sur la dimension cultuelle proprement dite mais plutôt axés sur des thématiques de la vie courante. Je pense par exemple au rapport à la sincérité ou à la Laïcité. Ce second thème me touche d’autant plus que je suis enseignant et qu’il est toujours bénéfique d’avoir des points de vue différents du sien.

Finalement, j’ai été surpris d’une conception qui d’une certaine manière s’inscrit dans la modernité et qui s’éloigne de la conception traditionnelle véhiculée par les médias.

Propos recueillis par Samy H.

« Le couple est le baromètre de la santé psychique de notre société » – Nassima Mestari & Meriem Amrani

Aujourd’hui, beaucoup de musulmans perçoivent la famille comme noyau de notre société et en oublient souvent l’importance du couple au sein même de cette dernière. C’est pourquoi, les psychologues Nassima MESTARI et Meriem AMRANI ont souhaité faire taire ces idées reçues et redonner au couple sa légitimité.

Le couple est, pour notre société, un bon révélateur de son état de santé. Il influe sur l’état de nos enfants et par effet domino sur l’état de notre famille et plus généralement de notre communauté. Ainsi, les couples heureux garantissent une société heureuse où il fait bon vivre. Mais comment être heureux dans son couple ? Quels sont mes devoirs en tant que mari ou femme ?

Pour répondre à ces questions et alors que beaucoup perçoivent le mariage comme le moyen d’être heureux et épanoui dans cette vie, les deux intervenantes ont rappelé au public la finalité première du mariage et de la vie ici-bas : satisfaire Allah. Le mariage est un itinéraire de plus sur cette autoroute de la vie. Au même titre que nos parents, les maris et femmes sont des compagnons qui doivent s’aider dans leur cheminement vers Allah. Le mariage est une épreuve en plus. Pour réussir cette épreuve, femmes et hommes doivent être préparés dès le plus jeune âge.

Comment ? En leur inculquant la philosophie de l’introspection. Avant de se marier, prétendant et prétendante doivent se connaître eux-mêmes, se remettre en question et étudier ce qu’ils attendent l’un de l’autre. Ainsi le hadith « lorsque le serviteur se marie, alors il a complété la moitié de sa foi» prendra tout son sens. Cependant, nombreux sont les serviteurs qui souhaitent suivre ce hadith sans même avoir travaillé leur «première moitié de foi ». C’est pourquoi, au cours de ce débat, les deux psychologues ont beaucoup insisté sur l’importance du Jihad introspectif qui doit être fait tout au long de la vie du musulman pour réformer sa personne dans un effort continu et soutenu.

Au-delà de la connaissance de soi, nos deux psychologues ont souligné la nécessité de bien choisir son conjoint, « nous passons aujourd’hui plus de temps à choisir les vêtements que nous allons porter qu’à choisir notre conjoint ». « A l’époque du Prophète (sws), les mariages étaient plus simples et plus rapides car les serviteurs se connaissaient depuis plusieurs générations. Aujourd’hui avec internet et les nouvelles technologies, nous sommes amenés à rencontrer des personnes provenant de loin. Ainsi il est nécessaire de faire des recherches sur son ou sa prétendante afin de ne pas être trompés par l’apparence ». L’apparence est en effet à l’origine de beaucoup de mariages mais également la cause de nombreux divorces.

Enfin, en tant que serviteur n’oublions pas que nous serons récompensés non sur les résultats mais sur nos efforts car les résultats n’appartiennent qu’à Allah.

Monia