28 mars 2015 admin

Réforme et Résistance sur la voie du bien

C’est dans un climat délétère et suspicieux que les musulmans de France (estimés à plus de 6 millions) tentent de garder la tête haute et surtout froide. Ne pas céder à la psychose, tel fut le mot d’ordre après que l’inqualifiable ait eu lieu. Pourtant, la réalité est loin des discours théoriques…  Les politiques, les médias, les intellectuels ont fait preuve d’une certaine hypocrisie après le sentiment d’unité nationale qui devait tous nous unir. Amalgames, rejets, stigmatisation… Il ne se passe pas un jour sans que les français de confession musulmane et l’islam fassent l’objet de critiques virulentes mais surtout infondées, illégitimes et malvenues dans le contexte actuel. L’horizon qui se profile semble être sombre pour le vivre ensemble.

Néanmoins, de la confiance naîtra la lucidité et viendra le salut. Garder confiance en Dieu, en soi mais aussi et surtout en la nature humaine. Car même si l’humain est capable du pire, « il y a du bon en ce monde » disait l’Ancien. Et c’est cette partie de nous-mêmes et du monde qu’il faut chercher à atteindre. L’accès au bien passe donc par la voie de la réforme mais aussi par le chemin de la résistance. Résister pour se réformer : c’est le sens même de la foi, de la conscience croyante soumise librement et volontairement à Dieu, et qui doit renouer avec des fondements premiers qui sont pour elle source de lumière, lumière spirituelle dans la proximité du divin, et lumière intellectuelle dans la compréhension et la connaissance du Créateur et de la Création. En ce sens, lorsque le Très-Haut s’adresse pour la première fois au prophète Mohammad par le biais de la parole « Iqra », au-delà de l’importance capitale du savoir, il est au fond question de conversion du cœur et du regard. Changer sa capacité à voir le monde de telle façon à vivre avec le cœur ce que la raison comprend avec l’intelligence. Notre compréhension du monde et de la nature environnante par la foi qui illumine le chemin de la périphérie vers le centre de l’être, permet de comprendre si l’on analyse le Coran, que le musulman à l’instar du modèle prophétique qu’il est appelé à suivre, est une source de miséricorde. Une fois la conversion du cœur opérée dans et par la lumière de la fois, comprenez nous-dit Dieu que la première des obligations c’est le savoir (« iqra » le premier des versets révélés, et un retour perpétuel vers ce principe fondateur de l’islam) et de ce point de vue là il va falloir résister. Résister à tout ce qui entrave la progression dans la voie du bien. Cette résistance au cœur de la foi se traduit alors par un exil intérieur permettant de prendre de la distance, de comprendre les attaques et d’entreprendre la résistance. S’exiler dans la solitude du soi, pour mieux appréhender l’engagement au sein du tout. La dignité des musulmans de France se trouve ainsi dans cette cohérence des principes auxquels ils adhérent et qu’ils défendent indépendamment des tempêtes médiatiques, des mensonges politiques et des troubles électoralistes car leur seule ambition n’est certainement pas un désir de conquête ou de revendication communautaire qu’on leur impute à tort, mais elle se situe dans un désir de réforme individuelle dans la voie du bien pour toujours servir les autres afin de célébrer notre commune humanité et le souhait sincère de vivre en harmonie. « L’homme le plus aimé de Dieu est celui qui est le plus utile aux hommes. » nous enseigne une tradition prophétique, c’est donc ce cheminement spirituel que nous avons emprunté pour le bien de tous et ainsi nous pouvons continuer à croire et espérer car encore une fois « il y a du bon en ce monde… »

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