Progrès bio-scientifiques : tout ce qui est faisable est-il souhaitable ?

Les progrès de la Science dans les domaines de la médecine et l’agriculture sont incontestables et font partie intégrante de notre mode de vie moderne souhaité ou non. Quid des OGM, des aides à la procréation, du débat sur l’euthanasie ou du clonage thérapeutique ? Aujourd’hui, les possibilités qu’offre la manipulation génétique sont telles que se pose inévitablement la question de l’éthique et d’une nécessité de régulation.

 

Les épopées humaines successives attestent d’un glissement certain de paradigme où Dieu qui occupait la place centrale au Moyen-Age, se voit « déposséder » par l’homme lui-même à la Renaissance pour qu’enfin à l’époque Moderne ce dernier ne laisse sa place au Matériel. Le Spirituel, et l’éthique qui en est le fruit, se voit donc éjecté du débat sur les questions de société.

 

L’idéologie marchande consumériste, logiciel de nos sociétés Moderne s’affranchit de la fidélité ou de l’obéissance à des principes autres que ceux qui répondent à la logique du Marché. Produire pour répondre à une offre, un « marché », consommer et ainsi de suite. L’exemple de la progressive libéralisation des aides à la procréation type GPA, PMA est saisissant. Partant de besoins légitimes de certains parents dans des cas bien précis, la logique de marché prend le pas en dérégulant la pratique au point de nier l’élément central dans cette histoire à savoir l’enfant. Quid du statut juridique de l’enfant, de son besoin de filiation, de structuration et des risques de consanguinité arrivé à l’âge adulte ?

 

A la différence d’autres pays en occident, la France conserve sa tradition du « principe de précaution » qui prévaut encore pour trancher les questions comme celle des OGM pour l’agriculture, du clonage ou de la fin de vie. Grâce à un arsenal législatif « toujours » conséquent, le pays possède toujours des gardes fous mais pour combien de temps encore ? Le Comité Consultatif National d’Éthique vient de voir la plupart de ses membres à référence morale religieuse écartés. Après l’IVG, le mariage pour tous, la tendance est à la libéralisation systématique et progressive des pratiques d’exceptions. E. Macron candidat à la présidentielle propose d’autoriser la PMA aux couples homosexuels.

À travers le problème de l’éthique qui se pose à l’Homme épris des progrès de Science, la question n’est-elle pas de savoir si l’Homme sait toujours quel but il poursuit ? Son rêve d’immortalité n’est-il pas paradoxalement en train d’accélérer sa disparition ?

 

Elias

EXPRIMER SES ÉMOTIONS SANS VIOLENCE

C’est cette thématique que madame Zahour EL GALTA, psychologue, a abordé aujourd’hui. Après nous avoir expliqué en quoi la maitrise des émotions est une base primordiale pour une communication réussie, à savoir une communication non violente, placée sous le sceau de la bienveillance, elle nous explique ce qu’est l’intelligence émotionnelle et la place de celle-ci dans l’élaboration des comportements socio-adaptatifs. En effet, la psychologie tend à prendre en compte le quotient émotionnel en complément du quotient intellectuel pour définir l’intelligence d’un sujet. Le décryptage des émotions est un prérequis pour développer la conscience de soi et donc mieux se comprendre. Il permet de repérer, distinguer et décoder l’état émotionnel des autres afin de réagir, répondre de façon adéquate. L’expression des émotions quant à elle est la voie royale pour évacuer l’état de tension interne, par des mimiques faciales, des mots ou des actes. Par ceux-ci l’individu peut accéder à un état de soulagement, il se sent mieux. De même cette expression lui permet d’indiquer clairement aux autres son besoin et permettre ainsi l’ouverture à une réponse de soutien, de protection ou de réajustement. Ces capacités, réelles habiletés sociales, sont le fruit d’un apprentissage de celles-ci. Cet apprentissage est naturel en général mais peut être renforcé par des exercices et des techniques de remédiation ou d’expression qui permettent de mieux clarifier pour chaque émotion, ses conditions d’émergence, les besoins qu’elle indique, ses manifestations ainsi que le trouble qui peut émerger en cas d’expression troublée. On apprend ainsi que l’être humain dispose de six émotions primaire, la joie, la tristesse, la peur, le dégoût, la surprise et la colère. Chaque émotion est un signal que le cerveau reptilien envoie au néocortex afin de lui indiquer qu’il se passe quelque chose et qu’une réponse est nécessaire afin de pouvoir dépasser le situation d’inconfort et retourner à l’état émotionnel de base qui est la joie. Pour ce faire, pour chaque situation l’individu ressent une sensation qu’il va traduire en émotion en la resituant dans son contexte. Par la suite, cette émotion sera transformée en pensée (image ou mot) qui va permettre l’élaboration d’une réponse, l’expression d’un mot ou d’un acte qui va impacter l’environnement et créer un nouvel état émotionnel. Ainsi, l’émotion joie indique un état de bien-être avec la nécessité d’entretenir cet état. Respectivement la tristesse indique un besoin de faire le deuil, le dégoût un état de saturation avec le besoin de se débarrasser du surplus, la surprise un état d’étonnement avec un besoin de verification de la réalité. La colére quant à elle signale un état de frustration ou le sentiment de ne pas être compris. L’expression des émotions sans violence est la capacité de sortir hors de soit l’agitation passagère qui fait pression à l’intérieur de soi avant que celle-ci ne gagne en intensité et ne déborde la personne, qui à l’instar du volcan explose et blesse tous ceux qui sont atteints par la lave. L’expression des émotions permet d’être en lien avec l’autre, de communiquer, de partager son vécu interne, comprendre et être compris. Elle constitue le fondement d’un vivre-ensemble harmonieux et bienveillant.

Mme EL GALTA illustrera son propos de situations du quotidien pour décrire chaque sitaution émotionnelle, ses modes d’expression et aussi les pathologies qui peuvent découler d’un dysfonctionnement dans la communication de ceux-ci. Aussi la reténtion excessive de colère aboutit à la violence d’où la nécessité d’autoriser son expression au préalable. La violence fondamentale renvoie selon madame EL GALTA, à la notion, de survie: celui qui est débordé par sa violence est avant tout une personne qui est soumise à un sentiment d’insécurité tel que la seule question à laqelle il est en capacité de penser est une question de survie « Lui ou Moi » . Avec pour précision que là où l’agressivité, manifestation saine de la colère, vient interpeller le lien, réclamer l’attention et la protection, la colère, elle, est d’intensité plus forte et d’intentionnalité différente. Elle est de détruire le lien et non de le solliciter de façon aigüe. L’intervention se cloturera sur l’esquisse de pistes de travail pour renforcer la gestion et l’expression des émotions dans une visée de développement personnel et d’amélioration du lien social, avec pour principes ceux de la communication non violente. A savoir, exprimer son émotion le plus rapidement possible, se recentrer sur son ressenti et non sur les griefs, exprimer son besoin, dire « je » et non « tu », nuancer son propos, relativiser, agir avec bienveillance… S’en suivra un temps de questions-réponses aux allures intimistes durant lequel, les personnes du public ont pu trouver des réponses à des questionnements au plus près de leur réalité.

RAMF 2016 : Interview des Intervenants/Teaser

Cliquez sur les images ci-dessous pour être redirigé vers la vidéo concernée :

jamel    ahmed    ghaled

Jamel.El Hamri                         Ahmed Mikhtar                    Ghaleb Bencheikh

Moncef    Ismail Mounir   amar

Moncef Zenati                                Ismail Mounir                            Asmar Lasfar

Ousmane    amar2    ahmed

Ousmane Timera                        Amar Lasfar (en arabe)                  Ahmed Abiadh

 

hela    jaballah    bajrafil

Hela Khomsi                             Ahmed Jaballah                     Mohamed Bajrafil

 

Haoues    Logier

Haoues Seniguer                       Raphaël Liogier

 

RAMF    Aqsa    presentation

RAMF#ForumGénér’Action        RAMF#LaPalestine          RAMF#SecoursIslamique

Les conséquences du phénomène de l’islamophobie

M. Yasser LOUATI, porte-parole du Collectif Contre l’Islamophobie en France qui a été créé en 2003, nous informe sur les actions du Collectif, qui consistent principalement en l’aide des victimes d’actes islamophobes. Le premier moyen est la médiation entre les acteurs du conflit. Ce n’est que si la médiation échoue qu’on se retrouve dans des contentieux devant l’administration, ou devant des tribunaux. Il est important pour ces victimes d’agir, de ne pas laisser ces actes normalisés. Lorsqu’on a été préjudicié, et qu’on voit que la loi a été enfreinte, il faut porter plainte, car si on ne se manifeste pas, on accorde de l’impunité à la personne qui porte préjudice.

Ces victimes ne sont pas aidées à l’échelle nationale, jusqu’à maintenant, observe M. LAOUTI. En vérité, le CCIF est né parce que personne ne voulait traiter de l’islamophobie. Cependant, il ne travaille pas uniquement avec des associations ayant pour objet la lutte contre le racisme, mais agit également en partenariat avec des groupements défendant le droit au logement, des droits fondamentaux.

On ne peut pas confier à l’état la lutte contre le racisme, alors qu’il est le premier coupable, soutient M. LOUATI. En principe, il ne faut pas hiérarchiser les différents types de racisme en acceptables, et non acceptables. Le CCIF défend une posture d’antiracisme moral ; il nuit à la cohésion nationale.

En outre, la stratégie du CCIF est d’agir, toujours et avant tout, pour les victimes; elles sont au centre de son travail. Son combat s’inscrit dans une lutte plus générale contre le racisme, et pour une justice sociale. Il s’agit de garder le travail d’éducation auprès du grand public, et des victimes, pour qu’elles connaissent leurs droits et n’aient pas peur de porter plainte. Tant qu’on ne met pas les victimes au centre du travail, c’est peine perdue, car on est alors dans un combat idéologique, on gaspille ses ressources, insiste M. LOUATI.

Malheureusement nous constatons que le phénomène de l’islamophobie augmente année après année et que certains, sur la base d’une mauvaise foi évidente, tentent de le minimiser, voire le nier. Il y a souvent un lien entre les personnes qui tentent de disqualifier la question de l’islamophobie et celles qui l’alimentent.

Enfin, le porte-parole du CCIF souhaite rappeler la définition de l’islamophobie : elle se manifeste sous la forme d’attaques contre les personnes ou institutions en raison de leur appartenance réelle ou supposée à la religion musulmane.

Zaïnab

La place de la femme dans la fondation de l’Islam

Ce serait une perte de temps que de se demander si la femme est effectivement l’égale de l’homme. En réalité ce genre de question détourne notre intérêt d’autres questions bien plus importantes. Se demander si la femme est bien l’égale de l’homme c’est remettre en cause une réalité concrète que l’on trouve dans les deux sources essentielles de l’Islam : le Coran et la Sunnah.

En réalité il n’y a aucune distinction faite entre une femme et un homme dans la communauté musulmane. Allah (azwj) dit dans le Coran que ce qui fait la réalité existentielle commune d’une femme et d’un homme c’est l’adoration de leur créateur. Car il n’y a de plus noble que celui qui fait preuve de la plus grande piété. En aucun cas le sexe ne peut prédéterminer la noblesse de l’âme et du cœur. Et Allah (azwj) promet une « bonne vie » à tous les croyants sans exception.

Les femmes et les hommes doivent être des alliés réciproquent au sein de la même communauté afin de se secourir, de se protéger et de se défendre les uns les autres à l’unisson. Le rapport homme/femme requiert une harmonie parfaite qui repose dans la reconnaissance mutuelle de l’autre comme égal à soi.

Au moment de la révélation de nombreux exemples nous révèlent le caractère essentiel du rôle de la femme dans la fondation de l’Islam. En effet à l’origine même de la révélation on retrouve Khadidja la femme du Prophète (PSL) qui fut la première à protéger et à soutenir le Prophète (PSL) lorsque l’ange Djibril est venu lui divulguer la parole divine. Khadîdja, l’a couvert, l’a rassuré et l’a apaisé. De plus on retrouve de nombreux exemples de sacrifices de femmes au nom de la religion musulmane, notamment Soumaya, torturée jusqu’à la mort ou encore Oum Habiba qui a choisi le divorce plutôt que de se détourner de la foi.

Finalement, la place de la femme dans la fondation de l’Islam et l’égalité des sexes, n’est pas à discuter, mais à rappeler. Les femmes doivent agir dans ce sens et affirmer leur fierté d’être des femmes et leur chance d’être par-dessus tous des femmes de confession musulmane.

Sabrina Taleb

La politique étrangère française face aux défis mondiaux

A travers son intervention, le géopolitologue Pascal Boniface nous décrit l’impact des musulmans en France sur les relations que la France entretient à l’international.

La France doit donc relever un défi majeur dans sa relation avec ses musulmans. Actuellement, on assiste à une discrimination accrue des musulmans qui paradoxalement se conjugue d’une amélioration de la situation des ces derniers. En effet, les musulmans agissent de plus en plus sur le terrain associatif, font valoir leur droit, occupent davantage de postes à responsabilités …

Ainsi, la place des musulmans en France aura un impact considérable sur ses relations internationales. Autrement dit, le poids de la France sera plus fort grâce à ses relations avec ses musulmans.

Il y a 13 ans, la France était alors au zénith de sa popularité dans le monde à la suite de son refus d’aller en guerre en Irak. Ce non à la guerre et surtout au néo-conservatisme américain permettent à la France de jouir d’une image prestigieuse à travers la planète entière.

Aujourd’hui, ce prestige s’est estompé, le rayonnement est moins fort, l’image perçue à l’étranger est celle d’un pays islamophobe qu’elle n’est pourtant pas. Les Anglais ou Américains, à l’origine de la guerre en Irak 13 ans plus tôt, se permettent même une critique de la France dans sa gestion des musulmans et de l’Islam.

Il est alors indispensable de s’interroger sur les causes de cette inversion de vision du reste du monde sur notre nation. Comment est-on passé d’un pays ayant pour valeur la justice et le respect du droit des Peuples à disposer d’eux-mêmes, à un pays considéré comme islamophobe ?

En 2004, la France n’a pas su suffisamment jouer avec le contre-pied qu’elle a pu prendre face aux puissances occidentales. Par ailleurs, le débat interne s’est progressivement tendu et la stigmatisation des musulmans et de l’Islam s’est, de plus en plus, faite ressentir. C’est pourquoi, l’image de la France s’est ternie aux yeux des autres pays.

En outre, la position de la France sur le conflit israélo-palestinien est centrale dans la perception des Peuples du Sud. Et même si elle reste le pays occidental le plus actif dans les processus de pacification, la France est aujourd’hui moins dynamique.

De plus, la France connaît un clivage dans son approche de la politique étrangère entre les Gaullo-Mitterrandistes et les atlantistes ou occidentalistes.

Les Gaullo-Mitterrandistes pensent que la France doit conserver ses valeurs ainsi qu’une indépendance totale, même si pour cela, elle doit s’opposer à ses alliés occidentaux. Elle nouera alors des liens avec le monde entier qui lui seront bénéfiques.

Pour les occidentalistes, la France est avant tout un pays occidental. Par conséquent, ses relations avec les nations occidentales seront privilégiées au reste.

Dès lors, ces visions vont s’opposer face à la perte du monopole de la puissance occidentale. En effet, l’émergence de certains pays d’Asie, d’Afrique ou d’Amérique réduit considérablement ce monopole, amené à disparaître. De ce fait, les occidentalistes useront de tous les moyens à disposition afin d’éviter cette émergence et de conserver cette puissance monopolistique. Les Gaullo-Mitterrandistes, quant à eux, tenteront de tirer profit de ces montées en puissance.

En conclusion, le poids de la France réside dans le reflet de ses actions internes. Ainsi, si elle veut continuer à peser de son poids et jouer un rôle sur l’ensemble de l’échiquier international, elle devra apaiser ses relations avec ses musulmans.

Driss

Vers une réussite scolaire

Aujourd’hui, nous sommes obnubilés par la réussite, commence Linda BENDJAFER. On dit qu’à partir du moment où on n’a pas réussi dans la vie, on ne peut pas être autorisé à être heureux : une confusion s’est installée dans les esprits. Sachant que celui qui a obtenu son diplôme s’insère au niveau social de la meilleure des façons, cette exigence sociale pousse les parents à être très anxieux, malheureusement, face à la réussite scolaire des enfants.

L’enjeu de cette réussite scolaire, c’est dire combien elle peut peser. Mais, il faut remettre les choses dans leur contexte. L’enfant veut réussir, et il réussira, mais ce sera parce qu’il a une belle estime de soi. Le plus grand prédicateur de sa réussite scolaire, c’est l’estime qu’il a de lui-même et le sentiment de compétence qui l’habite.

Un enfant en échec scolaire est en réelle souffrance, et fait qu’il ne peut pas s’en sortir car il a cette étiquette d’échec. Si l’enfant ne va pas bien à l’école, c’est peut-être parce qu’il a un sentiment de compétence fragile, et le but est de mettre la lumière sur ce qui ne va pas.

Il y a une théorie de l’intelligence multiple. Il faut trouver l’intelligence qui caractérise l’enfant. Il a besoin de savoir qu’il est très intelligent. En neuroscience, on a des capacités internes. Il s’agit, pour les parents, de chercher un domaine dans lequel l’enfant excelle, essayer de comprendre quelle stratégie mettre en place pour réussir. S’il a réussi aux jeux vidéos, il peut réussir à l’école. Par lui-même, on va le laisser développer ces capacités stratégiques, et à tous les coups, il trouvera des issues auxquelles on ne pensait pas.

L’échec scolaire, parfois, est une stratégie de réussite, car l’enfant va préférer être feignant que nul, car alors, lorsqu’il aura décidé de travailler, il réussira. Il se dit qu’il préserve son sentiment de compétence. Il faut savoir qu’il n’existe pas d’enfant paresseux, affirme Mme BENDJAFER, car s’il ne travaille pas ce n’est pas parce qu’il ne le veut pas, mais parce qu’il ne peut pas.

L’enfant va refléter l’estime de soi qu’il lira dans les yeux de ses parents. Il pourra avoir confiance en lui, il aura ce sentiment de compétence qu’il va puiser au fond de ce que vont lui apporter ses parents comme bienveillance et valorisation au quotidien. L’enfant a besoin d’un renforcement positif. Et le cerveau va se souvenir de cette valorisation, car il a fait un effort et a eu un retour positif. Il va chercher de nouveau cette sensation, et c’est ainsi qu’il sera motivé. A l’inverse, ajoute Mme BENDJAFER, l’estime de soi négatif engendrera un sentiment de compétence totalement fragilisé. L’enfant va attribuer les causes de ses réussites ou essais à des évènements extérieurs, tandis qu’on observe que quelqu’un qui a une belle estime de soi dira que ces causes sont un effort et une faiblesse. Il faut poser un diagnostic, comprendre les forces et faiblesses de l’enfant, pour une prise en charge plus adéquate.

Pour finir, il est important pour les parents de savoir quel est le plus grand prédicateur du bien-être psychologique de nos enfants. Bien entendu, il y a la belle estime de soi, l’amour des parents et leur bienveillance, mais au-delà, c’est le bien-être de ses parents.

Zaïnab

Les musulmans de France à la croisée des chemins.

Les tragiques événements, que la France a connu en fin d’année dernière, ont accentué les interrogations et les craintes que pouvaient connaître une partie de la population envers l’Islam. Ainsi, les musulmans de France sont à la croisée des chemins entre rejet de la société et acceptation.

Pour en parler, Bernard Godard, conseiller ministériel en charge de l’Islam, et Ahmed Miktar, imam de la mosquée de Villeneuve d’Asq et chroniqueur sur Radio Pastel.

Ils tirent alors un constat sur la situation des musulmans en France et posent la question de la formation des imams.

Aujourd’hui de nouveaux enjeux sont nés à la suite des attentats de novembre dernier. Ainsi, il faut continuer le travail d’insertion, qu’il soit en France ou en Europe même si celui-ci ne semble plus suffisant. Désormais, il est nécessaire d’expliquer ce qu’est l’Islam, quels en sont les principes, les objectifs, les pratiques … Ce nouvel enjeu semble indispensable pour réussir au mieux l’insertion des musulmans.

Cependant, la tâche est rendue difficile par l’hostilité grandissante et nouvelle envers l’Islam. On assiste, en effet, à une méfiance qui se généralise au sein de la population. Néanmoins, il est important de préciser, que l’action politique ou juridique, en France, favorise globalement la place occupée par les musulmans en France. Les constructions de mosquées ont, par exemple, connu une expansion considérable lors de la dernière décennie (près de 2300 aujourd’hui).

En outre, cette augmentation des mosquées en France nécessite un recrutement important d’imams. Or, la France connaît une pénurie d’imams qualifiés depuis 15 ans. Celle-ci entraîne parfois l’auto-proclamation de pseudo-imam qui peut poser problème.

C’est pourquoi, la question de la formation des imams en France est déterminante pour répondre aux attentes et aux objectifs des musulmans d’une société plus pacifiée autour de la question de l’Islam.

Pourtant, on constate que la réponse donnée est loin d’être satisfaisante. On assiste à une émigration des futurs imams dans leur pays d’origine afin qu’ils se forment pour ensuite revenir en France enseigner l’Islam. Ces pratiques restent problématiques, la réalité des pays étrangers est effectivement bien différente et les outils de formation utilisés ne seront pas les mêmes. On se retrouve alors avec des imams formés à l’étranger et en décalage avec la réalité française.

Toutefois, il est important de noter qu’on constate une évolution spectaculaire s’agissant de la francophonie chez les imams en France. En 2003, deux tiers d’entre eux ne parlaient que très peu ou pas le français, ce nombre s’étant considérablement réduit en 2016.

Les musulmans de France doivent donc continuer leur travail d’insertion dans la société cumulé désormais d’un besoin d’explication de leur religion. Deux missions qui seraient notamment facilitées par une meilleure prise en charge de la formation des imams en France.

Driss

Le défi écologique au cœur de la foi

Le constat est fait : nos descendants n’auront probablement pas la chance de vivre dans le même monde que nous. Si les politiques commencent à se saisir de la question comme en témoigne l’accord de Paris, signé au Bourget, il y a quelques mois à la fin de la COP 21, nous avons aussi une responsabilité en tant que citoyens. Une responsabilité difficilement assumée, l’écologie n’étant pas le thème qui attire le plus les foules… Mais pourquoi et comment agir pour le bien de notre environnement ?

Ce sont 4 intervenants qui ont abordé cette question apportant quelques éléments de réponses. Du théologien protestant investi dans des mouvements écologiques Martin Kopp, au théologien musulman et linguiste Mohamed Bajrafil, la question de la foi et de l’harmonie qu’elle constitue avec l’écologie est revenue à plusieurs reprises. En effet, l’homme n’est qu’un être éphémère sur terre. Nous vivons dans un écosystème où comme nous le rappelle Mohamed Bajrafil, toutes les entités sont interdépendantes ; un système dans lequel l’homme n’est point maître de la nature mais il en fait partie. Comme la fameuse maxime chrétienne le dit : « De la terre tu viens, tu es né poussière et poussière tu deviendras ». Pour Martin Kopp, l’enjeu écologique est une question où le travail interreligieux est primordial. Puisqu’en effet, il touche tout le monde et encore plus les plus démunis. Ce dialogue est d’autant plus inéluctable que les trois religions monothéistes s’accordent plus ou moins sur le récit de la création, en ce sens que l’homme n’est qu’une créature, servant le divin Créateur.

Élu dans la ville de Strasbourg et membre de l’Union Française des consommateurs musulmans, Abdelkarim Ramdane revient lui aussi sur l’importance de l’harmonie avec la nature. Et pour lui aussi, la foi est un moteur dans cette démarche, il nous raconte que son engagement politique a été motivé par l’imam de sa mosquée qui lui a transmis les valeurs de l’engagement pour servir l’intérêt général et conserver l’Amana (le dépôt). Mais cette démarche ne s’est pas encore généralisée chez tout le monde, à part quelques voix à peine audibles avec des initiatives comme les premières assises musulmanes de l’écologie en France.

Cependant, ce qui est malheureux c’est que de telles initiatives sont presque inexistantes dans le monde arabo-musulman en général. L’intervenant Nabil Ennasri évoque le cas des pays du golfe qui eux au contraire exploitent de plus en plus leurs ressources pétrolières. Pourtant, comme le rappelle Martin Kopp le défi de transformation des ressources pétrolières vers des énergies renouvelables est colossal. Aujourd’hui 80 % des énergies sont d’origines fossiles et dans un demi-siècle, il est indispensable que nous n’y ayons plus recours du tout. Il faut qu’en tant que citoyens, nous soyons vigilants à ce que les objectifs telles que ceux fixés à la suite de la COP 21 soient mis en place. Et pour Mohamed Bajrafil, il faut que les représentants musulmans donnent l’exemple et développent des discours en accord avec leur époque afin que nous répondions à de tels défis comme celui de l’écologie.

Notre société de consommation extrême mets en danger des populations entières. Nous devons revenir vers les principes que le prophète Muhammad (PSL) nous prescrivait : « l’homme ne remplit jamais un récipient aussi mauvais que le ventre ».

Amina. C